— An pé pa èvèy ankò ! Je ne peux plus me le voir, cet enfoiré ! Chyen ay é chyen an mwen, on ne peut pas avoir la chance ensemble, même, même, même ! Il me regarde avec son air suffisant, et on me le colle sur chaque putain de dossier ! Franchement, si je pouvais…
André tempêtait encore et encore. Trente minutes qu’il maudissait son collègue Alban, ou Jason, ou… sa femme n’en savait rien. Elle se contentait de hocher la tête, l’air faussement concentré. En réalité, elle pensait à son propre collègue : Malcom.
Wayayay… une maman avait osé mettre un spécimen comme ça sur terre ? Des bras musclés, un sourire à en tomber, une voix suave et grave, d’une beauté à couper le souffle. Il l’avait travaillée au corps, minutieusement, des mois durant, et elle avait cédé à ses avances. Il l’avait coincée dans un coin de l’entrepôt du magasin où ils travaillaient, et Sabine s’était offerte, dégoulinante. Elle pouvait encore le sentir en elle : la fougue, ses baisers, ses mains partout sur elle. Non, vraiment, les soucis de boulot d’André, c’était le cadet de ses soucis.
— Tu entends ce que je te dis ? Même pour la Guyane, je vais être obligé de me le taper ! Je pense vraiment aller prendre un arrêt et annuler ce voyage. An pé ké pé.
— Tchiiiiiiiiiiiiiiiiip ! Mais qu’est-ce que tu racontes ?
Sabine revenait soudainement à la conversation, piquée au vif.
— Tu ne vas très certainement pas annuler ce voyage en Guyane. C’est de ta carrière dont il s’agit. Ton collègue, là, tu t’en moques. Le plus important, c’est toi et ton évolution de carrière : montrer à tes supérieurs que même dans la difficulté, tu restes professionnel.
— Mais doudou…
— Han han, pas de « mais » ! Je ne me suis pas mariée avec un poltron. Tansion pou an pa méné’w an aéropor-la mwen menm. Annuler la Guyane ? Et puis quoi encore ?
Et comme sa grand-mère lui rappelait souvent qu’on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, elle se fit chatte, se rapprochant sensuellement, le prenant dans ses bras et l’embrassant à pleine bouche.
— Et puis, mi amor… qui sait ? Je te réserverai peut-être une belle surprise à ton retour. Quoi de mieux pour rallumer la flamme entre nous que cette semaine séparés ?
Alors qu’il la pressait contre son érection naissante, Sabine se dégagea rapidement. C’était assez pour lui. Son imbécile de mari daignait à peine l’honorer d’une demi-molle quand Malcom l’obligeait à s’étouffer avec sa culotte pour ne pas rameuter le magasin entier ? Non, vraiment, il fallait qu’il parte en Guyane. Cette semaine, elle l’avait méritée.
André restait sur sa faim. Voilà des mois que sa femme se refusait à lui. Ses amis l’avaient mis en garde : quitter sa femme mariée pour une petite jeune était une affaire risquée. Mais à l’époque, il s’était séparé avec perte et fracas de celle qui partageait sa vie depuis douze ans pour convoler en justes noces avec Sabine. Cinq ans qu’ils filaient le parfait amour aux yeux de tous.
Mais depuis six mois, son comportement avait changé. Elle le repoussait. Et pourtant, il avait tout essayé : fleurs, bijoux, soirées au restaurant, week-ends à l’hôtel, promesses de voyage… rien à faire. Elle restait sourde à ses avances.
À cela s’ajoutait un autre problème qui occupait son quotidien : une rivalité naissante avec un jeune fraîchement débarqué dans son service à la banque, Jason. Tout en lui l’horripilait : ses manières, son rire, sa façon de parler, ses remarques de « monsieur-je-sais-tout », son petit côté lèche-bottes avec les supérieurs. Non, vraiment, il ne le supportait pas. C’était viscéral. Et pour une raison qu’il ignorait, ils devaient évoluer en binôme sur pas mal de dossiers, comme ce contrat en Guyane.
Le départ était prévu dans trois semaines. À chaque fois qu’André avait voulu dire à sa femme qu’il annulait, cette dernière l’allumait en mentionnant les façons dont ils pourraient s’amuser à distance : photos, visio… forçant le trait de ce petit accent espagnol qui le rendait fou. Après tout, c’était la première fois en cinq ans qu’ils seraient séparés. Peut-être que cela serait bénéfique pour leur couple, et surtout pour la libido de Sabine. Elle l’avait même laissé la caresser, chose qu’elle refusait depuis quelque temps. Il gardait espoir. Pour le bien de son couple, il pouvait supporter Jason une semaine.
Quelques jours avant le départ, une première mauvaise nouvelle fut annoncée : à l’issue du premier rendez-vous avec le client, ce dernier devait s’absenter pour raisons familiales. Aussi, au lieu de rester en Guyane du lundi au vendredi, le voyage était prolongé de cinq jours. Pour André, déjà sous tension, c’était la goutte de trop. Sans prévenir sa femme, il prit rendez-vous chez le médecin.
À mesure que la date du voyage approchait, Sabine était aux aguets, guettant le moindre signe de faiblesse chez son mari. Elle n’eut d’ailleurs pas à fouiller longtemps pour découvrir le SMS de confirmation de rendez-vous, tôt le lendemain matin.
Le soir, André rentra chez lui pour découvrir sa femme dans une magnifique robe moulante, courte et décolletée. Elle lui avait concocté son plat préféré, une bière fraîche l’attendait sur la table. Elle se lova contre lui, l’invitant à boire, tout en lui susurrant des phrases d’amour, lui expliquant ce à quoi il allait avoir droit après ses cinq jours d’absence. Elle joignit le geste à la parole, l’empoignant fermement, tant et si bien qu’il n’eut pas le temps de lui dire qu’il annulait son voyage.
Au moment où André commençait à manifester son plaisir, elle s’éloigna sans demander son reste. D’abord déboussolé, André se risqua à lui demander la raison de cette interruption.
— J’ai mes règles, mi amor. Mais ne t’inquiète pas, quand tu reviendras de la Guyane, je pourrai prendre soin de toi.
Sabine se délectait des émotions qui traversaient le visage de son mari tandis qu’elle lui tournait le dos pour aller se changer, optant pour un vieux pyjama grisé et déformé par les lavages, nouant son imposante chevelure avec un vieil élastique, le tout surmonté d’un bonnet de nuit.
— D’ailleurs, là j’ai mal au ventre. Sers-toi, je vais dormir. Bonne nuit.
André ne put fermer l’œil de la nuit. Tout en lui était tendu. Au petit matin, il avait pris sa décision : il irait en Guyane.
Le vol se passa sans encombre, tout comme l’acheminement vers l’hôtel. Au moment d’ouvrir sa valise, il se rendit compte que l’étiquette mentionnait le nom de Jason. Il fut tenté de fouiller, mais se contenta d’aller remettre la valise à son propriétaire, dont la chambre se situait à quelques mètres de la sienne.
Il avait réfléchi à la stratégie à adopter vis-à-vis de son collègue durant ce séjour et avait décidé que chacun évoluerait de son côté durant les moments laissés libres. Cependant, André avait contacté un ancien camarade qui lui avait promis de l’emmener découvrir la vie à Cayenne. Par correction, il avait proposé à Jason de les accompagner, et celui-ci avait refusé, pour son plus grand soulagement.
Il essayait de joindre Sabine, mais cette dernière n’était guère communicante. Elle se faisait expéditive par message, ne daignant pas répondre à ses appels. Elle prétextait une extinction de voix — « j’ai la gorge prise » — lui avait-elle répondu par message, le renvoyant vers sa messagerie. Inquiet, il se promit de demander à sa sœur d’aller lui rendre visite. Peut-être pourrait-elle lui apporter une soupe ou une tisane pour la remettre sur pied.
Le premier rendez-vous avec le client fut un succès et laissa place à un week-end prolongé. Après des baignades en criques et des restaurants, Georges, l’ami d’André, lui proposa de découvrir les soirées Touloulou. André n’osa pas refuser.
Arrivé à la soirée, André fut émerveillé par les tenues, les couleurs, l’ambiance et la musique, mais il restait spectateur. Jusqu’à ce qu’un Touloulou vienne requérir une danse.
Il était vêtu d’une imposante robe blanche nacrée, orange et dorée, d’un jupon aux couleurs bariolées, paré d’un masque blanc et de bijoux dorés. Il était entièrement recouvert, ne laissant apparaître aucun bout de peau, comme c’était l’usage. Georges lui avait bien expliqué le règlement sur le chemin :
— Les Touloulous sont tout-puissants. Il est interdit de refuser une danse à un Touloulou.
Gêné, André se laissa entraîner sous l’œil amusé de son comparse.
Une danse, puis deux, puis dix… André perdit le compte au rythme de l’orchestre. Il se sentait bien, il ne voulait pas que ça s’arrête, enivré qu’il était par le parfum du Touloulou.
Lentement, il sentit son érection grandir. Gêné, il voulut s’écarter, mais le Touloulou le retint fermement, refusant d’interrompre le contact.
— Messieurs, si c’est bon, levez la main !
Le Touloulou se pressa une nouvelle fois contre lui. Instinctivement, André leva la main. Quand il la redescendit, le Touloulou, jusque-là suspendu à son cou, la lui saisit et l’entraîna hors de la piste.
André aurait voulu lui parler, aurait voulu voir le visage de celle qui le mettait en émoi, mais il ne savait par où commencer. Il se contentait de la suivre, docilement.
Ils arrivèrent sur le parking, entre deux voitures. De nouveau, elle se suspendit à son cou, et de nouveau elle se pressa contre lui, laissant aller une main baladeuse jusqu’à son membre gonflé. Elle le stimulait, le titillait, gardant sa prise serrée.
André, excité par les mois de privation imposés par Sabine, jurait entre ses dents lorsqu’elle libéra son membre, puis s’agenouilla face à lui. Il ne savait que faire de ses mains, et lorsqu’il tenta de la toucher, elle le frappa. Le message était clair : on ne touche pas.
Le Touloulou releva la partie inférieure de son masque, choisissant de garder entier le mystère de son identité, et engloutit son membre.
Ciel, que cette bouche était bonne. André faillit défaillir instantanément.
L’adrénaline, le risque d’être surpris, l’interdit, le mystère autour de l’identité de son assaillante, conjugués à la douceur de la langue qui le caressait, ne lui permirent pas de tenir longtemps. Il jura tandis qu’il se libérait dans la bouche du Touloulou, qui n’en laissa pas filer une goutte.
Elle prit le temps de réajuster son masque avant de prendre la main d’André et de retourner vers la foule. Avant d’arriver sur la piste, André ralentit et tenta sa chance.
— Comment tu t’appelles ? Donne-moi ton numéro… Je suis de passage et j’aimerais bien faire ta connaissance, loin de tout ça…
Le Touloulou resta silencieux. Impassible.
— Je suis à l’hôtel Mercure, chambre 203, jusqu’à mercredi. Tu peux me rejoindre si tu veux.
Toujours aucune réponse. Le Touloulou lui lâcha la main et se retourna, disparaissant dans la foule, laissant André perplexe.
Il passa le reste de la soirée à essayer de repérer le Touloulou, sans succès. Celui-ci semblait s’être évaporé dans la nature. Déçu, André se laissa reconduire à son hôtel et prit congé de son ami.
La semaine reprit son cours et le contrat fut signé. Les deux collègues se retrouvèrent au bar de l’hôtel pour trinquer à cette occasion, mais l’ambiance restait froide et tendue. Ce voyage ne leur avait pas permis de tisser des liens, chacun étant resté de son côté.
Il était temps de regagner leur domicile, mais un mouvement social à l’aéroport Félix-Éboué en décida autrement. Les pilotes étaient en grève, les avions cloués au sol. André et Jason durent prolonger leur séjour d’une semaine supplémentaire, face à l’incertitude dans laquelle les plongeait le conflit social.
Ce fut durant cette semaine qu’André décida de mettre de l’eau dans son vin afin d’apprendre à connaître son collègue. D’un commun accord, ils louèrent une voiture et s’aventurèrent sur les marchés, dans des criques en pleine nature. Ils réfléchirent même à l’éventualité d’un road trip jusqu’au Brésil avant de se raviser.
André fut surpris par l’esprit de Jason, sa vivacité, la pertinence de ses réflexions. Lui qui le prenait pour un jeune loup arriviste constata, sans l’avouer, que son collègue lui rappelait beaucoup celui qu’il était avant son mariage avec Sabine et sa propre ascension professionnelle. À la fin de la semaine, sans être de grands amis, les deux hommes commencèrent, sinon à s’apprécier, du moins à se témoigner un profond respect.
André attendait le dimanche avec impatience pour se rendre de nouveau au bal. Il proposa à Jason de les accompagner, mais ce dernier refusa. Qu’importe : André était trop excité à l’idée de retrouver son Touloulou.
Deux heures qu’il était arrivé. Il avait accepté quelques danses, mais il savait que ce n’était pas elle. De son côté, son ami Georges usait la piste avec le même Touloulou depuis le début de la soirée, mais André savait que c’était sa femme.
Cette évidence l’amena à penser à la sienne. Il n’avait eu que très peu de nouvelles de Sabine et il était surpris par sa propre réaction : il n’était ni embêté, ni peiné, ni… rien. Voilà, c’était le mot. Il ne ressentait rien face à cette séparation et à l’absence de communication imposée par sa femme.
Il se posait des questions. Cela signifiait-il que leur relation était terminée ? Sa sœur avait refusé d’aller chez lui prendre des nouvelles.
— Cette briseuse de ménage, qu’elle crève, ça te fera des vacances ! lui avait-elle lancé.
En deux semaines, il n’avait reçu en tout et pour tout que cinq messages de sa femme. Pas un appel, pas une photo, pas un appel vidéo, pas un audio WhatsApp. Rien.
Il fut tiré de ses pensées par le Touloulou qui s’avançait vers lui. Elle était là. Dans une majestueuse robe vert émeraude et violette, un masque violet et une petite voilette à sequins de la même couleur masquaient son visage. André n’eut aucun doute : c’était elle.
Instinctivement, il se leva. Elle l’entraîna sur la piste, et il ne se fit pas prier. Les heures défilèrent. Le monde autour d’eux, le bruit ambiant, tout semblait s’être effacé. Il était transporté entre deux mondes où ivresse et interdit se mêlaient.
Comme la première fois, le Touloulou l’entraîna à l’abri des regards, et comme la première fois, il se laissa faire. Rapidement, il se retrouva entre ses lèvres. Mais cette fois, il avait du mal à se laisser aller. Son esprit vagabondait jusqu’à Sabine.
Pourquoi ce silence ?
Pourquoi ne ressentait-il pas de culpabilité ?
Pourquoi ne ressentait-il pas le manque de sa femme ?
Il posa une main sur l’épaule du Touloulou, qui se redressa.
— Ce n’est pas contre toi, mais cette fois je ne peux pas… Je suis marié, tu sais…
Il soupira.
— Et même si j’ai pensé à toi toute la semaine, demain je vais retourner à ma vie avec le regret de ne même pas savoir qui tu es réellement. Tout ça restera ici, en Guyane, avec toi. J’aurais aimé passer cette soirée avec toi autrement.
Le Touloulou resta silencieux, comme la première fois. Néanmoins, il s’avança, releva sa voilette juste assez pour dévoiler sa bouche et embrassa André. D’abord timidement, puis farouchement. Il l’embrassait comme si sa vie en dépendait, comme pour le marquer de son empreinte.
André se détendit. Son sexe tressauta, le rappelant à son bon souvenir. Alors le Touloulou l’empoigna et entama de lents va-et-vient, savourant les gémissements contre ses lèvres.
Sentant son compagnon se relâcher, le Touloulou s’agenouilla de nouveau et reprit son ouvrage, l’avalant jusqu’à la garde, jusqu’à le boire entièrement. Puis il se releva et serra André dans ses bras avant de lui tourner le dos et de regagner la foule.
André restait pantois. Il était prêt à rentrer à son hôtel, déçu. Il tâta ses poches à la recherche de son téléphone quand il tomba sur un mot. Il n’eut aucun doute sur son origine ni sur son auteur, mais choisit de ne pas l’ouvrir immédiatement. Il alla retrouver Georges : il était temps de rentrer.
Le lendemain, André atterrissait à l’aéroport Maryse Condé. Il était de mauvaise humeur. Il avait mal dormi, il n’avait pas envie de rentrer chez lui, pas envie de retrouver Sabine. On dit que les femmes guyanaises marquent l’esprit ; il commençait à comprendre pourquoi.
Il avait à peine échangé quelques mots avec Jason durant le trajet. D’ailleurs, ce dernier avait également mauvaise mine, mais André ne s’en était pas inquiété, trop absorbé par son propre malaise.
Lorsqu’il arriva chez lui, Sabine était absente. Elle devait sûrement être au travail. André profita de ces derniers instants de calme avant la tempête qui allait s’abattre sur sa vie. Il voulait divorcer.
Ces deux semaines lui avaient ouvert les yeux. Il n’aimait plus sa femme, il voulait passer à autre chose. Les gens se riraient de lui, son ex-femme ne manquerait pas de trouver un moyen de le narguer, et sa sœur lui ferait la morale. Peu importe. Il ne pouvait pas rester dans une relation qui ne menait nulle part. Il n’avait plus aucun espoir.
Son téléphone sonna. C’était Jason. Il ignora l’appel : il avait besoin de calme.
Il repensa au mot et se décida à l’ouvrir.
« Tu resteras pour moi un très beau souvenir.
J’en ai eu envie dès que je t’ai vu, et cette envie ne s’est jamais atténuée.
Comme toi, j’ai eu envie de plus, mais je sais que tu ne m’accepteras pas telle que je suis.
On ne pourra pas être ensemble, ni dans cette vie ni dans une autre, mais sache que tu resteras pour moi un merveilleux souvenir.Ton Touloulou »
André était déçu. Il pensait avoir un nom, un numéro, quelque chose qui lui aurait permis de rester en contact avec le Touloulou, d’entamer peut-être une relation, même à distance.
Jason insistait. André pestait : ce n’était vraiment pas le moment.
De rage, il empoigna sa valise et l’expédia à l’autre bout de la pièce d’un coup de pied magistral. Ses yeux le brûlaient.
— Hé non, André… gran nonm pa ka pléré pou dé biten kon sa. Continue ta vie. Ce n’était qu’une bouche. Peut-être qu’elle avait deux yeux loli et des dents de cheval. Pa flipé si sa !
Un nouvel appel de Jason. Bordel, qu’est-ce qui pouvait bien être si urgent ?
André ouvrit finalement la valise… et resta paralysé.
Devant lui se trouvait un masque violet de Touloulou.
Jason et lui avaient échangé leurs valises.
Un écrit de Maëva




